A l'abordage J'étais assise au bord de la piscine. Mes pieds trempaient
dans l'eau. Je me sentais vraiment seule. J'avais le cafard.
Pourtant il faisait si beau ce jour-là. Il est arrivé.
Il s'est assis près de moi. Immédiatement, il m'a dit,
je m'appelle Raymond et vous ? J'ai répondu Caroline. J'étais
si étonnée de sa soudaine question que j'ai aussitôt répondu.
Il voulait m'offrir un verre au bar de la piscine. J'ai
accepté. Nous nous y sommes rendus en maillot évidemment.
Il s'était assis près de moi. Son regard plongeait dans
mes yeux. Je me sentais bien avec Raymond. Il n'était pas
très beau mais il était gentil. Ca faisait un moment qu'un
garçon n'avait été aussi gentil avec moi. Il a voulu me
raccompagner jusque chez moi. J'ai accepté. J'étais à pieds,
lui aussi. Tout le long du trajet, il m'a fait rire. Arrivés
dans mon appartement, je lui ai proposé de rester manger
avec moi. Il était déjà près de dix-neuf heures. Je ne
savais pas comment le lui dire, mais j'avais réellement
envie qu'il reste avec moi, au moins le temps d'une soirée.
C'est pour cela que je lui ai fait la proposition du repas.
Il a accepté. J'en étais heureuse. Je me suis mise aux
fourneaux. Nous sommes restés dans la cuisine. Je préparais
une omelette. Je me retournais. Chaque fois, mon regard
croisait le sien. Il était assis à table. Il ne disait
rien. Il bougeait à peine. Cependant je savais que ses
yeux fixaient mon corps. C'était très excitant. A table,
nous nous sommes longuement regardés. Il m'a raconté des
histoires. J'ai ri, un peu moins qu'à la piscine. A la
fin du repas, nous nous sommes levés au même instant, et
sans se concerter, pour laver la vaisselle. A ce moment
précis, nous avons alors beaucoup ri. Puis les rires ont
cessé. Nous étions debout l'un en face de l'autre. C'est
alors que nous sommes tombés dans les bras l'un de l'autre.
Je tremblais comme une feuille. |